Le titre de propriété
Le « titre » définit les modalités de la
propriété d'un bien. Les acheteurs ont tout intérêt à acquérir un titre
qui répond à leurs aspirations et leurs besoins, et qu'ils pourront
transférer dans de bonnes conditions à une tierce personne, le cas
échéant. Avant de concrétiser la vente, il est indispensable de
consulter les archives publiques pour connaître l'identité des anciens
propriétaires et les transactions relatives à la propriété. Cette
enquête pourra révéler par exemple l'existence d'hypothèques, de
privilèges de créanciers pour taxes impayées, de dettes envers des
fournisseurs de services publics, etc. En principe, la maison devrait
être libre de toute dette de ce type au moment de la conclusion de la
vente, mais l'acheteur aura cependant tout intérêt à vérifier que tel
est bien le cas. Par exemple, l'hypothèque du vendeur devrait être levée
et les dettes en souffrance (taxes, factures de services publics, etc.)
devraient être réglées au moment du transfert de propriété. Le vendeur
devait à tout le moins avoir pris des arrangements avec ses créanciers
pour que le fardeau de ses dettes n'incombe pas à l'acheteur après la
vente.
Il arrive parfois que des problèmes ou des irrégularités entourant le
titre ne soient pas détectés et résolus avant la signature du contrat.
Ils risquent dans ce cas de gêner l'acheteur quand il voudra revendre la
maison. Selon le cas, il pourrait même avoir à débourser des sommes
importantes pour y remédier. Supposons que l'enquête n'a pas révélé que
le quai, le ponton ou le hangar à bateaux d'une maison de vacances a été
construit sans permis. L'acquéreur de la propriété risque d'en être de
sa poche si les autorités le contraignent à détruire ces structures. Un
autre exemple : la propriété a été cédée frauduleusement à la personne
qui vous la vend et le vrai propriétaire réclame son dû après que vous
l'avez achetée.
Qui l'assurance titres protège-t-elle?
Les polices d'assurance
titres peuvent être émises au bénéfice de l'acheteur d'une copropriété,
d'une résidence de vacances ou d'une maison (qu'elle soit neuve ou qu'il
s'agisse d'un rachat), ou au bénéfice du prêteur, ou des deux. Les
institutions de crédit exigent parfois que l'acquéreur souscrive une
assurance de ce type pour débloquer les fonds. L'assurance titres
protège l'acheteur ou le prêteur (ou les deux) des pertes et dommages
pouvant résulter d'un litige ou d'une irrégularité couvert par le
contrat.
Les assurances titres couvrent en général les cas suivants :
irrégularités dans l'enquête; obligation de détruire des structures;
réclamations relatives à des fraudes, contrefaçons, faux et usage de
faux, contraintes sur les biens; défaut d'inscription des servitudes de
passage ou autres; absence d'accès à la propriété pour les piétons ou
les véhicules; ordres de travaux; zonages ou retraits non conformes ou
inadéquats; etc. En général, les risques sont couverts uniquement s'ils
existaient déjà au moment de la signature de la police. Comme pour toute
assurance, certaines éventualités sont généralement exclues, par
exemple les revendications territoriales autochtones et les risques
environnementaux. Voyez avec votre avocat quelles sont exactement les
éventualités qui sont couvertes et celles qui ne le sont pas.
L'acheteur assuré est indemnisé pour les pertes et dommages réels
jusqu'à concurrence du montant prévu dans la police, lequel dépend du
prix d'achat. Certains contrats offrent également une protection contre
l'inflation. Ainsi, si la juste valeur marchande de la propriété
augmente, le montant couvert augmente en conséquence (jusqu'à
concurrence d'un maximum fixé d'avance).
Combien de temps l'assurance reste-t-elle valable?
Les polices
d'assurance titres couvrant l'acheteur restent en vigueur tant que
l'assuré est titulaire du titre. Certaines polices couvrent également
les personnes à qui le titre revient par suite du décès de l'acheteur,
ou certains membres de la famille (par exemple, le conjoint ou les
enfants) auxquels la propriété a été cédée à titre gratuit ou pour un
apport purement nominal.
Les polices d'assurance titres couvrant le prêteur restent en vigueur
tant que dure l'hypothèque. Le prêteur est couvert s'il vend la
propriété qui lui avait été donnée en garantie et qu'il subit des pertes
ou dommages réels du fait d'un risque couvert par la police. Les
prêteurs sont en général protégés pour un montant maximum représentant
le capital de l'hypothèque.
La prime de l'assurance titres est versée en une seule fois au moment de
l'achat. Au Canada, c'est habituellement l'acheteur de la propriété qui
paie l'assurance. Il arrive cependant que ce soit le vendeur qui s'en
charge. Certaines polices couvrent automatiquement et l'acheteur et le
prêteur; d'autres les couvrent tous deux pour un surcroît de coût
minime.
Protection et tranquillité d'esprit
L'assurance titres peut
éviter que la conclusion de la vente soit retardée pour cause
d'irrégularité dans le titre. Par ailleurs, si un problème survient et
que le risque correspondant est couvert par la police, l'assurance paie
les frais juridiques et les dépenses afférentes aux démarches visant à
défendre le titre de l'acheteur. Elle dédommage également l'assuré en
cas de perte.